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GRÉGORY MOULOUDJI

CHANSON FRANÇAISE

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" Je suis né à Montrouge chez ma mère. Je suis né des amours d’un chanteur et d’une danseuse de variété. Vers quatre ans, ma mère est partie avec moi dans ses bagages pour une tournée d’été au Portugal et nous y sommes resté presque neuf années. Là-bas j’ai grandi entre le lycée français Charles Lepierre et les théâtres de revues ou travaillait ma mère.

 

Je faisais des aller et retours sur Paris pour retrouver mon père et fin 1972 nous sommes revenus sur Paris définitivement. Mon père retrouvait dans ces années-là un grand regain de popularité qu’il n’avait pas vraiment perdue mais que différents passages dans des théâtres parisiens allaient remettre au goût du jour pour quelques années alors qu’il se complaisait depuis pas mal de temps dans les tournées en province sans refaire parler de lui dans la capitale se reléguant dans une sorte d’oubli du public parisien ce qui ne lui déplaisait d’ailleurs pas.

 

Je commence alors à le suivre dans ses galas et à vraiment découvrir ce grand numéro de music-hall. Il n’avait pas besoin de publicité et fonctionnait avec un simple répondeur automatique, éventuellement une secrétaire qui le plus souvent finissait par perdre patience face au fouillis et à la désorganisation.

 

Plus tard j’ai presque entièrement pris la place de ces secrétaires allant de la discussion des contrats, la conduite de la voiture, la vente des disques après les spectacles, la régie lumière et même partager la scène avec lui pour lui permettre de reprendre son souffle ici et là ainsi que finir en beauté dans un duo des Feuilles mortes qui provoquait une bascule dans le temps, moi arrivant dans le second couplet comme une image de lui jeune…

 

Nous croisions ici et là Jean Genet, François Rauber, Léo Ferré, Jean Ferrat, Daniel Ivernel, Bernard Dimey, Laurent Terzieff, Jean-Marie Proslier, Jacqueline Huet, des personnalités qu’il connaissait depuis toujours semblait-il et qui me laissait bouche-bée.

 

Il y a toujours eu une atmosphère de travail par cours de chant. Autrement il m’indiquait par sorte de ricochet des méthodes ou cours de théâtres, de mime corporel, de diction pour la voix parlée (j’ai ainsi lu Paul Léautaud pour la diction…), l’apprentissage de chansons, la respiration dans le chant la lourdeur des « e » dans la langue française etc… Sans que cela ressemble le moins du monde à du travail puisqu’il fallait justement que le travail ne paraisse pas, rien dans les mains rien dans les poches !

 

Par la suite, j’ai monté un spectacle sur Jacques Prévert avec Claude Thomain ,son accordéoniste, qui jouait déjà il y a trente ans de l’accordéon synthétiseur et cela permettait d’être deux en scène avec tout un orchestre de sonorités. Puis toujours avec Claude, un spectacle sur les chants et textes concentrationnaires. Après la disparition de mon père j’ai traversé l’Atlantique pour retrouver ma femme et ma fille."

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